Le transport de personnes entraîne diverses pressions sur l’environnement et la santé (consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, bruit…). L’intensité de ces pressions dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels figurent les modes de transport utilisés, les distances parcourues et le taux d’occupation des véhicules.
Prédominance de la voiture
Selon l’enquête réalisée dans le cadre du Tableau de bord de la mobilité 2025(a), la voiture conserve une place importante en Wallonie : sa part modale représentait 72,8 % du transport de personnes[1] en 2025. Celles des transports en commun s'élevaient quant à elles à 7,3 % pour le train et à 6,4 % pour les bus, tram et métro. Les parts de la marche et du vélo étaient respectivement de 6,9 % et 3,0 %. Selon la même source, les déplacements domicile-travail ou domicile-école constituent l’un des principaux motifs de déplacement en Wallonie puisqu'ils représentaient un peu moins d’un quart des trajets effectués par les Wallons en 2025. Ce motif de déplacement structure la chaîne de déplacements et engendre une forte densité de trafic aux heures de pointe, contribuant à la concentration du trafic ou sa congestion sur certains axes routiers.
En 2025, l'Enquête fédérale sur la mobilité en Belgique(b) montrait également l’utilisation prédominante de la voiture en Wallonie, avec une part modale de 85 % du transport de personnes[1]. Cette enquête mentionnait également des parts modales de la voiture plus faibles en Flandre (76 %) et en Région de Bruxelles-Capitale (63 %), où le recours aux modes actifs (marche, vélo) et aux transports en commun était plus important.
La prédominance de la voiture a été favorisée par des facteurs historiques (développement des infrastructures, politiques publiques, essor économique, habitudes culturelles…). Malgré l’existence d’alternatives, elle se maintient en raison de nombreux freins structurels et culturels liés notamment à la dispersion de l’habitat, aux infrastructures orientées vers l’automobile, et à des modes de vie bien ancrés, entraînant une forte dépendance qui évolue lentement(c).
En plus d'entrainer des problèmes de congestion des axes routiers, la voiture individuelle exerce des pressions environnementales plus importantes (émissions de gaz à effet de serre, émissions de polluants atmosphérique…) q que les modes de transport collectifs ou actifs. Dans ce contexte, la Wallonie encourage un shift modal vers des alternatives plus durables, en visant une réduction significative de la part de la voiture dans les déplacements. Pour 2030, les parts modales devraient atteindre 63 % pour la voiture, 16 % pour le train, 11 % pour le bus, et 5 % pour la marche ainsi que pour le vélo. Ces objectifs ont été formalisés dans la Stratégie régionale de mobilité (SRM) q et revus dans le Plan air climat énergie 2030 de la Wallonie (PACE 2030) q.
Le taux d’occupation des voitures reste faible
Le taux d’occupation des voitures, qui correspond au nombre moyen d’occupants d'une voiture lors d’un déplacement, est resté faible et stable en Wallonie entre 2017 et 2024, passant de 1,36 à 1,35. Or une hausse du taux d'occupation permettrait une diminution des embouteillages et de la pollution liés au transport. Elle permettrait une utilisation plus efficiente de l'espace routier.
Consciente de ces enjeux, la Wallonie s’est fixée pour objectif d’atteindre un taux d’occupation moyen de 1,5 d’ici 2030. Cet objectif a été formalisé dans la SRM q et revu dans le PACE 2030 q.
Augmentation de la demande en transport pour les véhicules légers
En 2024, la demande en transport[2] sur le réseau wallon s’élevait à 56 Md voy-km (milliards de voyageurs-kilomètres). Cette demande se répartissait comme suit : les véhicules légers[3] représentaient 52,1 Md voy-km, tandis que le transport par bus et le transport par train ne représentaient respectivement que 1,6 et 2,3 Md voy-km.
Entre 2018 et 2024, la demande en transport de personnes a augmenté de 9,7 %. Cette progression était uniquement portée par la hausse des déplacements en véhicules légers (+ 13,2 %), tandis que la demande pour les transports en commun (bus et train) reculait sur la même période (- 22,8 %). La forte baisse de la demande en transport en véhicules légers en 2020 (- 25 % par rapport à 2019) est à mettre en lien avec la crise de la COVID-19. Les transports en commun ont également été impactés[4].
Dans ce contexte, les orientations définies par la SRM q visent à limiter la progression de cette demande et à encourager une mobilité plus durable. Le PACE 2030 q confirme ces objectifs en prévoyant notamment une réduction de 5 % de la demande en transport de personnes entre 2017 et 2030. Des efforts importants doivent donc être consentis.
Demande en transport de personnes* en Wallonie (2018 - 2024)
* La demande en transport de personnes désigne les besoins de déplacements de personnes pour un territoire et une période donnée. Elle s’exprime en voyageur-kilomètre (voy-km). L’unité voy-km correspond au déplacement d’un voyageur sur une distance de 1 km.
** Les véhicules légers comprennent les voitures, taxis, motos et une partie des véhicules utilitaires légers. q
* La demande en transport de personnes désigne les besoins de déplacements de personnes pour un territoire et une période donnée. Elle s’exprime en voyageur-kilomètre (voy-km). L’unité voy-km correspond au déplacement d’un voyageur sur une distance de 1 km.
** Les véhicules légers comprennent les voitures, taxis, motos et une partie des véhicules utilitaires légers. q
Demande en transport de personnes* pour les véhicules légers** en Wallonie (2018 - 2024)
* La demande en transport de personnes désigne les besoins de déplacements de personnes pour un territoire et une période donnée. Elle s’exprime en voyageur-kilomètre (voy-km). L’unité voy-km correspond au déplacement d’un voyageur sur une distance de 1 km.
** Les véhicules légers comprennent les voitures, taxis, motos et une partie des véhicules utilitaires légers. q
* La demande en transport de personnes désigne les besoins de déplacements de personnes pour un territoire et une période donnée. Elle s’exprime en voyageur-kilomètre (voy-km). L’unité voy-km correspond au déplacement d’un voyageur sur une distance de 1 km.
** Les véhicules légers comprennent les voitures, taxis, motos et une partie des véhicules utilitaires légers. q
Des mesures pour une transformation de la mobilité des personnes à l’horizon 2030
En matière de mobilité des personnes, les orientations de la vision FAST 2030 q et de sa déclinaison opérationnelle, la SRM q, portent sur le rééquilibrage de la répartition modale au détriment de la voiture individuelle, sur la maîtrise de la demande en transport et sur l’accroissement du taux d’occupation des voitures. Ces orientations s’inscrivent également dans la contribution attendue du secteur des transports au respect des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés pour la Belgique et déclinés au niveau régional q. Elles ont été confirmées dans le PACE 2030 q. Parmi les mesures prioritaires qui ont été validées par le Gouvernement wallon[5], il est notamment prévu d’accélérer l’électrification de la mobilité (déploiement du réseau de recharge, électrification de la flotte de bus), de développer l’usage de la voiture partagée, d’augmenter le recours aux transports publics (TEC) ou encore de favoriser les modes actifs. Les résultats observés montrent toutefois que la Wallonie reste éloignée de ces objectifs de mobilité des personnes, la demande en transport continuant de croître, tandis que les parts modales et le taux d’occupation des voitures évoluent peu.
[1] Les parts modales sont calculées sur base des distances parcourues.
[2] La demande en transport de personnes désigne les besoins de déplacements de personnes pour un territoire et une période donnée. Elle s’exprime en voyageur-kilomètre (voy-km). L’unité voy-km correspond au déplacement d’un voyageur sur une distance de 1 km.
[3] Les véhicules légers comprennent les voitures, taxis, motos et une partie des véhicules utilitaires légers. q
[4] Pour plus d’informations, consulter le rapport annuel 2020 du TEC q et le rapport d’activité annuel 2021 de la SNCB q.
[5] PACE 2030 – Feuille de route 2025 reprenant les mesures priorisées. Adoptée par le Gouvernement Wallon le 24/04/ 2025. q
Évaluation
Évaluation de l'état non réalisable et évaluation de la tendance non réalisable
Référentiel : Les objectifs en matière de transport de personnes ont été formalisés dans la Stratégie régionale de mobilité (SRM) q et revus dans le Plan air climat énergie 2030 de la Wallonie (PACE 2030) q.
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Dernières années disponibles |
Objectifs PACE 2030 |
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Répartition modale
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Marche |
6,9 % (2025) |
5 % |
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Vélo |
3,0 % (2025) |
5 % |
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Bus |
6,4 % (2025) |
11 % |
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Train |
7,3 % (2025) |
16 % |
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Voiture |
72,8 % (2025) |
63 % |
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Évolution de la demande |
+ 9,7 % entre 2018 et 2024 |
- 5% entre 2019 et 2030 |
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Taux d’occupation moyen des voitures |
1,35 (2024) |
1,5 |
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L’état sera évalué au terme du Plan, en 2030. À 5 ans de son terme, seul l'objectif fixé pour la part modale de la marche est atteint.
L’établissement d’une tendance pour le transport de personnes n’est pas réalisable car la série de données disponibles n’est pas suffisamment longue.
Évaluation